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Innocence
Déa Loher

Distribution

Traduction Laurent Muhleisen
(L’Arche éditeur)

Dirigé par Brigitte Barilley / Cie Les Travaux et Les Jours
Collaboration dramaturgique Bernard Fauveau

Avec
Jules-Emanuel Eyoum-Deïdo
France Ducateau
Hélène Jupin
Bettina Kühlke
Leila Naceur
Yohann Pisiou
Cédric Weber

Note d'intention

Une fable cruelle et merveilleuse

Ce qui m’intéresse tout particulièrement dans cette œuvre, c’est qu’il s’agit non seulement d’un état des lieux de nos sociétés contemporaines occidentales, mais qu’elle suggère une réflexion sur le lien communautaire.

A l’échelle humaine du quotidien, comment les maux que génèrent nos sociétés industrielles se vivent-ils ? Où en sommes-nous de nos rêves de société
après que les utopies aient basculé ? N’y a-t-il pas comme une mutilation du « vivre ensemble », vécue dans l’auto-destruction ? Que sont devenus les liens qui cimentent une société ? Quels espoirs pouvons-nous avoir ? Notre sentiment d’impuissance n’est-il pas réversible ? Nos sociétés sont-elles dépressives ?

Dea Loher nous offre ici une épopée des petites gens. La toile qu’elle tisse rapproche des êtres perdus, qui vont se retrouver liés les uns aux autres par la force des faits de la vie, à l’instar des maillons des innombrables chaînes que forge Helmut, l’orfèvre et mari muet d’Ella la philosophe.
Ces croisements de vie, d’incidents « magiques » rendent ainsi au destin son mystère, nous qui voudrions toujours tout maîtriser. 
Mais, y aurait-t-il un sens à décrypter ? Une causalité ? Non, le sens ne peut être donné qu’à posteriori, constate Ella. A l’Histoire ? Ou à nos histoires ?
Est-ce pourquoi notre philosophe désespérée par la perte du Désir tue son mari ?
Pourquoi Elisio, l’émigré rongé par la culpabilité, rencontre Madame Habersatt qui, elle, cherche un fils et veut porter les crimes du monde sur ses épaules ?
Pourquoi Absolue, l’émancipée aveugle, qui donne la beauté de son corps dansant à voir, rencontre Fadoul, pudique par tradition et qui, découvrant par hasard de l’argent dans un sac plastique, décide de devenir Dieu, comme dit Elisio, en offrant à Absolue l’opération qui lui rendra la vue ?
Pourquoi Franz ne fait pas d’enfant à Rosa, et trouve son épanouissement à la morgue, alors que la mort est un sujet si tabou dans nos sociétés ?
Pourquoi la bien vivante Rosa est le portrait craché de la noyée, qui en fin de texte entre dans l’Avenir et non dans la mer glacée du début ? 
Pourquoi Madame Zucker, qui voudrait être pompiste et tout faire sauter, se confie avec son fauteuil roulant aux soins de Madame Habersatt ?
Et pourquoi tous ces personnages se relient et se rencontrent finalement autour de la disparition de la jeune noyée?
Tout cela sous l’éclairage de l’écran TV qui nous montre un Président sans voix.

C’est comme si un regard différent sur la mort, la maladie, la solitude et donc sur la vie et le soin que nous devrions avoir pour l’Autre pouvait rassembler ces êtres, jeunes, vieux, du Nord , du Sud… C’est comme si en se reliant les uns aux autres, le sens de nos vies s’avérait.

Dates

Colombes - Théâtre Le Hublot - Et spectacles à domicile

05 Novembre 2010 au 13 Novembre 2010

Paris - Théâtre de l'Atalante

23 Février 2010 au 28 Février 2010

Orly - Centre Culturel Aragon-Triolet

23 Janvier 2010

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